Droit d’auteur : la CISAC accompagne la Guinée dans la modernisation du BGDA
Conakry, 5 octobre 2026 – La Guinée veut franchir un nouveau cap dans la gestion collective du droit d’auteur. En séjour à Conakry, le directeur régional Afrique de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC), Samuel Sangwa, a été reçu ce lundi par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.

Accompagné du directeur général du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), Samuel Sangwa participe à une mission consacrée au renforcement de la gouvernance et de la gestion collective du droit d’auteur. Une session de formation stratégique est prévue du 6 au 9 octobre 2026 à Conakry, avec l’appui d’experts venus notamment du Sénégal, du Burkina Faso et du Congo-Brazzaville.

Au cœur de cette démarche figure la modernisation des outils d’identification et de traçabilité des créateurs et de leurs œuvres. La Guinée entend notamment accélérer le déploiement des identifiants internationaux IPI, destinés à identifier les auteurs, et ISWC, attribués aux œuvres musicales, au sein du réseau mondial CISNet. Plus de 900 œuvres guinéennes y sont déjà répertoriées.

L’objectif affiché est de permettre au BGDA de répondre progressivement aux exigences de la CISAC et de retrouver, dans un délai de six mois, son statut de membre à part entière de la Confédération, à l’occasion de sa prochaine assemblée générale.
Mieux identifier pour mieux rémunérer les créateurs
Lors de son entretien avec le ministre, le représentant de la CISAC a salué les avancées enregistrées par la Guinée dans la réforme de son système de droit d’auteur. Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer l’identification des auteurs et des œuvres, considérée comme une étape essentielle pour assurer une meilleure perception et une redistribution plus efficace des droits.
Samuel Sangwa a également appelé les médias, les entreprises, les organisateurs d’événements et les plateformes numériques à davantage respecter les droits des créateurs. Il a, par ailleurs, souligné la nécessité d’adapter les mécanismes de protection du droit d’auteur aux nouveaux défis posés par l’intelligence artificielle.

Pour les autorités guinéennes, la réforme du droit d’auteur constitue également un levier de lutte contre la précarité qui touche une partie importante du secteur culturel.
L’État veut renforcer le civisme des usagers
Le ministre Moussa Moïse Sylla a, pour sa part, réaffirmé le soutien du gouvernement aux réformes engagées par le BGDA avec l’accompagnement de la CISAC.
Dans cette dynamique, le département de la Culture envisage également la mise en place d’un label d’exemplarité destiné aux établissements respectant leurs obligations en matière de droit d’auteur. À terme, seules les manifestations publiques organisées dans des établissements en règle pourraient être autorisées.

À travers cette collaboration avec la CISAC, la Guinée entend ainsi professionnaliser davantage la gestion collective des droits, améliorer la rémunération des créateurs et renforcer la protection des œuvres dans un environnement culturel de plus en plus marqué par la transformation numérique et l’intelligence artificielle.




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