Rigel Gandhi annonce “SURVIVANT”, un one-man-show qui met à nu les réalités du secteur culturel
Dans une salle de conférence des locaux de Djoma Médias, l’humoriste guinéen Rigel Gandhi a choisi de parler moins de rire que de survie. Le 16 mai 2026, il montera sur la scène du Palais du Peuple pour présenter « SURVIVANT », un one-man-show qui s’annonce autant comme une performance artistique que comme une mise en accusation feutrée du système culturel.
Lauréat du Prix RFI Talent du Rire 2025, l’artiste revient avec un spectacle qu’il dit avoir mûri pendant plusieurs années, loin des logiques de divertissement immédiat. Ici, le rire devient un langage secondaire, presque un prétexte, au service d’un récit plus vaste : celui d’un métier exercé dans l’incertitude permanente.
Selon l’humoriste, SURVIVANT ne prolonge pas ses précédents spectacles, mais s’en détache. Il s’agit plutôt d’une plongée dans les conditions matérielles et symboliques de la création artistique en Guinée, où les infrastructures, les financements et les soutiens institutionnels restent fragiles.
« On se considère comme des survivants, parce que c’est un écosystème qui ne laisse pas de place », a-t-il expliqué, décrivant un univers où les artistes avancent sans filet, entre débrouillardise et résilience.
Au fil de ses prises de parole, le ton se fait moins narratif que politique. Sans emphase, Rigel Gandhi évoque un secteur culturel où l’absence de subventions et de sponsors transforme chaque projet en pari personnel. « Les artistes sont livrés à eux-mêmes », dit-il, comme une évidence plus que comme une plainte.
Derrière le spectacle, se dessine ainsi une critique plus large : celle d’un système où la création artistique repose davantage sur l’endurance individuelle que sur une organisation structurée. L’humour, dans ce contexte, devient une forme de survie sociale autant qu’un outil de lecture du réel.
Préparé depuis 2020, SURVIVANT est présenté comme l’un de ses textes les plus aboutis. Une heure et demie durant, l’artiste promet de mêler récit personnel, observation sociale et ironie, dans un équilibre qu’il décrit lui-même comme fragile.

Le 16 mai, au Palais du Peuple, il ne s’agira donc pas seulement d’un spectacle. Mais d’un moment où la scène pourrait, le temps d’une soirée, ressembler à un espace de vérité.



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