Ballets africains de Guinée : le drapeau national accompagne la troupe à Limoges
Conakry, 23 septembre 2026 Le drapeau guinéen flotte désormais sur la route de Limoges. Après des années d’interruption, les Ballets africains de Guinée retrouvent la scène européenne avec « Mansa Moussa », une création qui sera présentée ce vendredi 25 septembre au Grand-Théâtre de Limoges, dans le cadre du festival Les Francophonies Des écritures à la scène.

Avant le départ de la délégation, dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 septembre, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a remis le drapeau national aux artistes. Un geste solennel qui confère à cette participation une dimension officielle et symbolique : à Limoges, les Ballets africains ne se déplacent pas seulement avec un spectacle, mais avec une part du patrimoine culturel guinéen.

Face aux artistes, le ministre a insisté sur la discipline, le professionnalisme et la responsabilité qui accompagnent cette mission. Il leur a demandé de défendre avec dignité l’image de la Guinée et de faire vivre, sur la scène européenne, l’héritage de l’ensemble fondé par Keïta Fodéba en 1952.
« Mansa Moussa », une première européenne
À Limoges, les artistes guinéens auront rendez-vous avec le public français ce vendredi 25 septembre à 20 h 30, au Grand-Théâtre de Limoges, dans le cadre d’un partenariat avec l’Opéra de Limoges.
La troupe y présentera « Mansa Moussa », une création chorégraphique consacrée à l’empereur du Mali du XIVᵉ siècle. Pour les Ballets africains, cette représentation constitue une première en Europe.
Durant près de deux heures, entracte compris, 36 artistes, parmi lesquels des danseurs, musiciens, chanteurs et acrobates, porteront cette création sur scène. Djembés, balafons, koras et ngonis accompagneront une mise en scène mêlant projections et scénographie immersive.
Le spectacle fait également entendre plusieurs langues de la région, notamment le malinké, le soussou, le peul, le toma, le guerzé et le baga. Une manière de mettre en avant la diversité culturelle de la Guinée tout en rendant hommage à Keïta Fodéba, fondateur des Ballets africains en 1952.
Un retour remarqué sur la scène européenne
Pour le ministre Moussa Moïse Sylla, cette participation aux Francophonies représente une étape importante dans la relance de l’ensemble artistique guinéen.
Lors de la dernière répétition à Conakry, lundi 21 septembre, en présence de l’ambassadeur de France en Guinée, le ministre avait salué le travail accompli par la troupe et l’apport du chorégraphe Georges Momboye ainsi que de Kaabi Kouyaté dans la finalisation du spectacle.
« Ce qui s’écrit ce soir, c’est bien plus qu’une aventure. C’est un retour, le retour d’un géant », avait-il déclaré.
Organisées du 23 septembre au 3 octobre 2026, les Francophonies réunissent des artistes venus de différents horizons et investissent plusieurs espaces culturels de Limoges. La présence des Ballets africains inscrit ainsi la Guinée dans cette programmation internationale.
Une nouvelle étape dans la relance des Ballets africains
Cette participation intervient quelques mois après la relance officielle des Ballets africains, le 26 mars 2026, au Palais du Peuple à Conakry, après une longue période d’inactivité.
Depuis leur retour sur scène, les artistes ont notamment participé à la cérémonie d’ouverture du sommet de la CEDEAO à Lungi, en Sierra Leone.
Pour les autorités culturelles guinéennes, cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la volonté de renforcer la place de la culture dans le développement du pays, dans le cadre de la vision Simandou 2040.
Après Limoges, d’autres rendez-vous internationaux sont envisagés pour la troupe, notamment une participation annoncée à l’avant-première du spectacle de fin d’année de Youssou N’Dour, à l’Accor Arena de Paris.
Le séjour en France apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans la volonté de repositionner les Ballets africains de Guinée sur les grandes scènes internationales.




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