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Conakry célèbre le renouveau musical et cinématographique guinéen

Conakry célèbre le renouveau musical et cinématographique guinéen

Conakry, le 30 mai 2025 – Ce vendredi, l’esplanade du Palais du Peuple a vibré au rythme de la relance culturelle nationale. Dix orchestres emblématiques de Guinée ont reçu des instruments de musique neufs, dans le cadre d’une cérémonie organisée par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat. Une démarche qui vise à redonner vie à des formations qui ont jadis fait rayonner la musique guinéenne à travers l’Afrique et au-delà.

Parmi les bénéficiaires, figurent notamment le Nimba Jazz de Nzérékoré, le Këbendou Jazz de Guéckédou, le Djoliba Jazz de Faranah, le 22-Bands de Kankan, le Super Kolima de Labé, le Télé-Jazz de Télimélé, ainsi que l’Orchestre national Horoya Band de Conakry.

Le ministre Moussa Moïse Sylla a profité de cette occasion pour remettre également des kits audiovisuels destinés à relancer le cinéma populaire guinéen, longtemps en sommeil.

« Ce n’est pas une remise d’instruments, c’est une renaissance »

Dans un discours passionné, le ministre a souligné la portée symbolique et stratégique de cette initiative :

« Ce que nous vivons aujourd’hui dépasse une simple dotation. C’est un acte fondateur, une étape majeure du réveil de notre patrimoine musical. Chaque guitare, chaque djembé, chaque balafon remis représente une part de l’âme guinéenne qui reprend vie. »

Il a insisté sur l’importance de transformer les orchestres en structures modernes, durables et économiquement viables :

« Ces formations ne doivent plus être des reliques folkloriques. Elles doivent produire, se produire, rayonner, et générer leurs propres revenus. La Guinée doit redevenir source d’inspiration, non un simple terrain d’importation culturelle. »

Le cinéma populaire dans la dynamique de relance

Le septième art n’a pas été oublié. Avec la remise de matériel audiovisuel, le ministère entend redonner un souffle nouveau au cinéma populaire guinéen, en s’appuyant sur la créativité des comédiens, troupes itinérantes et humoristes du pays :

« Le cinéma, c’est un miroir de nos réalités, un outil de cohésion, d’éducation et de paix. Pendant des décennies, nos artistes ont su éveiller les consciences avec passion et engagement. Aujourd’hui, nous leur donnons les moyens de reprendre ce flambeau. »

Une structure dédiée à la production et à la diffusion du cinéma guinéen est en cours de mise en place, avec l’ambition de bâtir une véritable industrie culturelle nationale.

Un projet culturel à portée nationale

Le ministre a conclu en évoquant une dynamique plus large, ancrée dans une vision économique et numérique de la culture :

« À l’ère des plateformes mondiales, si la Guinée ne propose pas de contenus enracinés et originaux, d’autres définiront les rêves de notre jeunesse. Il est temps que nos sons nous ressemblent, que nos rythmes nous rassemblent, que nos talents nous révèlent. »

Cette politique culturelle, fruit d’une coordination entre plusieurs ministères, marque un tournant décisif : celui d’un pays qui choisit de reconquérir son identité à travers ses artistes, ses sons, ses images.

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